Socle commun de connaissances et de compétences pour les élèves, nouvelles compétences du cahier des charges de la formation des maîtres : à l’heure où il est beaucoup question de compétences à l’école, il est utile de marquer un temps d’arrêt pour mieux comprendre le sens de ces évolutions. C’est d’ailleurs ce que feront un certain nombre de responsables de l’enseignement catholique les 14 et 15 novembre prochain.
Plusieurs contributions éditoriales récentes fournissent des éléments pour nourrir le débat.
Signalons le dossier thématique en ligne sur le site des "Cahiers pédagogiques" http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3 ?id_article=2337. On y retrouvera une série d’articles, une bibliographie et un choix de ressources sur le web.
Une autre référence précieuse : le service de Veille Scientifique et Technologique de l’Institut National de Recherche Pédagogique (INRP) [1] a publié en décembre 2005 un dossier très complet, préparé par Olivier Meunier (en partenariat avec l’UMR Education et politiques). Intitulé Standards, compétences de base et socle commun ce dossier, organisé en quatre grandes parties, aborde la question en partant des "influences anglo-saxonnes" (1ère partie) puis en s’intéressant aux "standards et compétences dans les pays de l’union européenne" (deuxième partie) avant d’examiner l’"évaluation et culture commune en France" (troisième partie) et les "compétences de base, politiques éducatives et évaluation en Europe" (quatrème partie).
La lecture attentive de l’ensemble de ce dossier est riche d’enseignements :
« Deux types d’interprétation du socle commun ou des compétences de base coexistent en Europe : celui qui relève du collectif, ou quelles sont les compétences de base à intégrer durant la période scolaire pour qu’ensuite les connaissances puissent se diversifier ? Et celui qui consiste à passer d’une unité du peuple fondée sur des valeurs communes à une conception plus libérale pour s’orienter vers un univers en réseaux, où il faut savoir circuler entre ces derniers, être flexible et où l’offre de formation scolaire n’est pas la plus riche ou la plus importante.
Depuis 1995 en Europe, nous pouvons observer cette bascule d’une conception communautaire à une conception individualiste »
« La montée en puissance de l’intérêt pour les compétences clés eu Europe a été influencée par l’ International Association for Educational Achievement (IEA) et l’OCDE qui ont largement participé à la définition et à l’évaluation des compétences clés. L’orientation définie a été d’améliorer les résultats des élèves tout en limitant les dépenses. »
Il faut, dans la troisième partie, s’arrêter tout particulièrement sur le passage intitulé "La culture commune en débat". L’auteur du dossier passe en revue les points de vue d’un certain nombre de chercheurs : de Bernard Lahire à Jean-Marie Barbier en passant par Bernard Rey, Alain Touraine et de nombreux autres. Une vue d’ensemble qui illustre bien que le "commun" ne va pas de soi. L’un des noeuds ne serait-il pas que « les enseignants éprouvent des difficultés à enseigner à tous les élèves, notamment quand ils sont issus de milieux populaires. Les élèves interprètent différemment les situations scolaires, ce qu’est apprendre ou ce qu’ils valorisent comme savoirs. D’après B. Charlot, E. Bautier, J.-Y. Rocheix (2), les élèves des milieux populaires valorisent plus la maîtrise d’une activité et l’entrée dans des formes relationnelles que l’appropriation d’un objet de savoir par une activité intellectuelle spécifique, cette dernière étant valorisée par l’école. L’école républicaine devrait aider les enfants à entrer dans des formes culturelles auxquelles ils accèdent difficilement dans leur vie quotidienne. » ?
A lire absolument.
[1] http://www.inrp.fr/vst/Dossiers/Standards/sommaire.htm